- Introduction
- Chapitre 1 Les Premiers Colons : Des Chasseurs-Cueilleurs aux Premiers Agriculteurs
- Chapitre 2 L'Âge des Temples : Une Civilisation Mégalithique
- Chapitre 3 L'Âge du Bronze : Guerriers, Commerçants et Sillons Mystérieux
- Chapitre 4 L'Avant-Poste Phénicien et la Domination Carthaginoise
- Chapitre 5 Melita : Les Îles sous la Domination Romaine
- Chapitre 6 Une Province Byzantine : La Période Romaine Orientale
- Chapitre 7 La Conquête Arabe et une Nouvelle Langue
- Chapitre 8 La Domination Normande et le Retour à la Chrétienté
- Chapitre 9 Un Pion Féodal : Souabes, Aragonais et la Couronne Espagnole
- Chapitre 10 Les Chevaliers de Saint-Jean : Une Nouvelle Demeure pour l'Ordre
- Chapitre 11 Le Grand Siège de 1565 : Une Résistance contre l'Empire Ottoman
- Chapitre 12 Un Joyau Baroque : L'Héritage des Chevaliers dans l'Art et l'Architecture
- Chapitre 13 Le Déclin de l'Ordre et l'Invasion Française
- Chapitre 14 L'Arrivée des Britanniques : Du Protectorat à la Colonie de la Couronne
- Chapitre 15 Malte la Forteresse : Un Bastion Naval de l'Empire Britannique
- Chapitre 16 La Question de la Langue et l'Avènement de l'Autonomie
- Chapitre 17 Le Second Grand Siège : Malte pendant la Seconde Guerre Mondiale
- Chapitre 18 Le Chemin vers l'Indépendance
- Chapitre 19 L'État de Malte : Les Premières Années d'une Nouvelle Nation
- Chapitre 20 Dom Mintoff et la Forge d'une République
- Chapitre 21 La Crise Politique des Années 1980
- Chapitre 22 Le Chemin vers l'Europe : La Candidature à l'Adhésion à l'UE
- Chapitre 23 Malte dans l'Union Européenne
- Chapitre 24 Une Nation en Effervescence : La Crise Politique de 2019-2020
- Chapitre 25 Malte Contemporaine : Nouveaux Défis et Changements Sociaux au 21e Siècle
- Postface
- Glossaire
Une Histoire de Malte
Table des Matières
Introduction
Au cœur de la mer Méditerranée se trouve un petit archipel, un chapelet d'îles calcaires qui, malgré leur taille minuscule, s'enorgueillissent d'une histoire aussi riche et dramatique que celle de tout grand empire continental. Ce sont les îles maltaises — Malte, Gozo et Comino — et leur histoire est celle d'une résilience étonnante, d'une importance stratégique et d'une superposition continue de cultures qui a créé une nation unique par son caractère et son héritage. Pendant des millénaires, ce petit avant-poste a été un carrefour de civilisations, un prix convoité par les empires, un sanctuaire pour les marins et un creuset où les grandes puissances d'Europe, d'Afrique et du Moyen-Orient se sont rencontrées, affrontées et mêlées. Comprendre Malte, c'est comprendre la vaste étendue de l'histoire méditerranéenne elle-même, distillée sur quelques centaines de kilomètres carrés de roche.
Ce livre, « Une Histoire de Malte : Les îles maltaises de la préhistoire à nos jours », nous emmène dans un voyage à travers ce passé remarquable. Notre récit commence dans les brumes profondes de la préhistoire, bien avant l'écriture, lorsque les premiers humains traversèrent la mer depuis la Sicile pour habiter ces rivages. Nous explorerons la vie de ces premiers colons, les chasseurs-cueilleurs et les agriculteurs qui s'adaptèrent à ce nouvel environnement. Leur histoire culmine avec l'une des réalisations les plus étonnantes du monde antique : la construction des temples mégalithiques. Ces merveilles architecturales, plus anciennes que les pyramides d'Égypte et Stonehenge, se dressent comme des monuments silencieux d'une civilisation sophistiquée et mystérieuse qui prospéra pendant plus d'un millénaire avant de disparaître, laissant derrière elle plus de questions que de réponses.
L'aube de l'Antiquité amena de nouveaux peuples et de nouvelles puissances sur les rivages de Malte. Les Phéniciens navigateurs reconnurent la valeur stratégique des îles, établissant un comptoir commercial qui passerait plus tard sous le contrôle de leur puissante colonie, Carthage. Nous retracerons l'intégration des îles dans le monde classique plus large, un processus accéléré lorsqu'elles passèrent aux mains de la République romaine en plein essor pendant les guerres puniques. Sous la domination romaine, les îles, connues sous le nom de Melita, prospérèrent, adoptant le latin, les coutumes romaines et, selon la tradition, le christianisme, suite au naufrage dramatique de l'apôtre Paul. La chute de Rome ne mit pas fin à l'importance stratégique de Malte ; elle ne fit que changer les maîtres. Les îles furent absorbées par l'Empire byzantin, servant d'avant-poste de la chrétienté orientale alors que l'ancien ordre mondial se fragmentait.
Une transformation pivot s'opéra au 9e siècle avec l'arrivée des forces arabes d'Afrique du Nord. La conquête aghlabide inaugura une nouvelle ère, laissant une marque indélébile sur les îles, notamment dans la langue. La langue maltaise, une langue sémitique unique avec un alphabet latin, est un témoignage vivant de cette période d'influence arabe et de la repopulation subséquente des îles. Ce chapitre de l'histoire de Malte se clôtura avec la conquête normande en 1091, qui lia fermement le destin des îles à l'Europe chrétienne une fois de plus. Pendant les quatre siècles suivants, Malte devint un appendice féodal du Royaume de Sicile, passant entre une succession de maisons nobles européennes — Souabes, Angevins et Aragonais — son destin étant décidé dans les cours de monarques lointains.
L'année 1530 marqua un autre tournant profond. L'Empereur espagnol, Charles Quint, octroya les îles aux Chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean, un ordre militaro-religieux qui avait récemment été chassé de sa forteresse de Rhodes par l'Empire ottoman. L'arrivée des Chevaliers transforma Malte d'un arrière-pays féodal oublié en un formidable bastion de la Chrétienté. Ils fortifièrent les ports, construisirent de magnifiques cités et cultivèrent une nouvelle identité culturelle et artistique. Leur moment décisif arriva en 1565 avec le Grand Siège, une lutte brutale et héroïque au cours de laquelle l'Ordre et le peuple maltais repoussèrent avec succès une invasion ottomane massive, une victoire qui résonna à travers l'Europe. Pendant plus de deux siècles et demi, les Chevaliers gouvernèrent, laissant derrière eux un héritage d'architecture baroque, d'art et une identité distinctement martiale.
Le long règne de l'Ordre prit fin brusquement en 1798 avec l'arrivée d'une nouvelle force révolutionnaire : Napoléon Bonaparte. L'occupation française fut brève mais transformatrice, balayant les derniers vestiges du féodalisme. Cependant, la domination française s'aigrit rapidement, menant à un soulèvement populaire qui, avec l'aide de la marine britannique, expulsa la garnison française. Cela invita une nouvelle puissance sur les îles. Ce qui commença comme un protectorat britannique évolua en une colonie formelle, et Malte devint le pivot de la puissance navale britannique en Méditerranée. Pendant le siècle et demi suivant, les îles servirent de forteresse militaire et navale vitale, de quartier général de la Flotte méditerranéenne et de maillon crucial dans la chaîne de l'Empire britannique, surtout après l'ouverture du canal de Suez.
Le 20e siècle a mis à l'épreuve la résilience du peuple maltais comme jamais auparavant. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les îles subirent un autre « Grand Siège », un bombardement aérien incessant par les forces italiennes et allemandes. L'héroïsme de ses défenseurs et l'endurance de sa population civile valurent à Malte la George Cross, la plus haute distinction civile britannique pour bravoure, qui est aujourd'hui fièrement arborée sur le drapeau de la nation. Les années d'après-guerre furent une période d'éveil politique et de décolonisation progressive, un cheminement complexe d'une colonie autonome à l'indépendance totale. En 1964, Malte devint un État souverain et, une décennie plus tard, elle rompit le dernier lien symbolique avec son passé colonial en devenant une république.
L'histoire de Malte indépendante n'a pas été moins mouvementée. Elle a été une histoire de forgeage d'une nouvelle identité sur la scène mondiale, naviguant dans les eaux turbulentes de la politique de la Guerre froide et traversant des périodes de division politique interne intense. La seconde moitié du 20e siècle a vu la nation établir de nouvelles alliances, clore le dernier chapitre de son rôle de base militaire étrangère et remodeler fondamentalement son économie. Le cheminement a culminé en 2004 avec l'adhésion de Malte à l'Union européenne, ancrant son avenir fermement au sein de la famille des nations européennes. Ces dernières années, la nation a été aux prises avec les défis de la modernité, du développement économique rapide et du changement social aux crises politiques qui ont mis à l'épreuve la force de ses institutions.
Ce livre vise à raconter cette histoire longue et multiforme de manière simple et captivante. C'est un récit de survie contre toute attente, d'une petite communauté insulaire s'adaptant constamment aux forces puissantes qui façonnent son destin. Des bâtisseurs préhistoriques de Ġgantija aux chevaliers en armure étincelante, des marins de l'Empire britannique aux politiciens de l'Union européenne, l'histoire de Malte est une riche tapisserie tissée de fils innombrables. C'est une histoire de conflit et de coexistence, de foi et de courage, et de la création d'une identité culturelle unique qui continue d'évoluer à ce jour. Nous vous invitons à plonger dans cette histoire captivante et à découvrir le récit remarquable des îles maltaises.
CHAPITRE UN : Les Premiers Colons : Des Chasseurs-Cueilleurs aux Premiers Agriculteurs
Bien avant que le moindre humain ne pose le pied sur les îles maltaises, cet infime affleurement calcaire était un monde à part entière, un paysage oublié peuplé de créatures qui semblaient tout droit sorties d'un conte fantastique. Au cours des vastes ères glaciaires du Pléistocène, le niveau de la mer Méditerranée était considérablement plus bas. Pendant de longues périodes, un pont terrestre reliait Malte à la Sicile et, par extension, à l'Europe continentale, permettant aux animaux terrestres de se déplacer vers le sud. Lorsque les glaciers se sont retirés et que les mers sont montées, ces animaux se sont retrouvés piégés, abandonnés sur ce qui était désormais une île. Cet isolement a déclenché un curieux phénomène évolutif connu sous le nom de nanisme insulaire. Avec des ressources alimentaires limitées et sans grands prédateurs, des espèces gigantesques ont rapetissé au fil des générations.
La preuve la plus spectaculaire de ce monde préhistorique est conservée dans les recoins sombres de Għar Dalam, la « Grotte des Ténèbres ». Les fouilles y ont révélé une superposition d'époques, les niveaux les plus bas contenant les os fossilisés de ces animaux extraordinaires. Des troupeaux d'éléphants nains, certains pas plus hauts qu'un gros chien, parcouraient autrefois la terre. Ils partageaient cet étrange habitat avec des hippopotames pygmées, des créatures qui, bien que toujours redoutables, ne représentaient qu'une fraction de la taille de leurs homologues africains. Les îles abritaient également des cygnes géants, des ours et des cerfs rouges. Pendant des millénaires, cet écosystème unique a prospéré, un monde miniature de bêtes remarquables. C'est une idée commune et romantique que les premiers humains ont chassé ces créatures jusqu'à l'extinction, mais les archives géologiques racontent une autre histoire. Les couches de terre séparant les ossements animaux des premiers signes d'activité humaine montrent que ces espèces naines ont disparu des milliers d'années avant l'arrivée des hommes, probablement en raison de changements climatiques drastiques et de la fragilité inhérente de leur existence insulaire isolée.
Il y a également eu des spéculations persistantes concernant une présence humaine encore plus ancienne. Au début du 20e siècle, la découverte à Għar Dalam de deux molaires présentant une caractéristique connue sous le nom de taurodontisme — une cavité pulpaire élargie — a conduit à l'affirmation excitante que des Néandertaliens avaient vécu à Malte. Ce trait, bien que courant chez les Néandertaliens, apparaît également chez les humains modernes, ce qui en fait une preuve peu concluante en soi. Malgré des arguments enthousiastes au fil des ans, l'affirmation n'a jamais été étayée par d'autres découvertes, telles que les outils en pierre distinctifs associés aux cultures néandertaliennes. Le consensus au sein de la communauté scientifique reste donc qu'il n'existe aucune preuve définitive de présence humaine à Malte avant l'arrivée des humains modernes.
Pendant longtemps, on a cru que le premier chapitre de l'histoire humaine de Malte avait commencé vers 5400 av. J.-C., avec l'arrivée d'agriculteurs de Sicile. Mais de récentes découvertes révolutionnaires ont repoussé cette date de plus d'un millénaire, révélant un prologue entièrement nouveau. Les véritables pionniers, il s'avère, n'étaient pas des agriculteurs, mais des chasseurs-cueilleurs mésolithiques. Vers 6500 av. J.-C., ces gens intrépides ont entrepris un voyage remarquable. Ils sont partis des côtes de la Sicile et ont traversé environ cent kilomètres d'eaux libres pour atteindre Malte. Il s'agissait de la plus longue traversée maritime connue effectuée par des chasseurs-cueilleurs en Méditerranée, un témoignage de leurs compétences maritimes avancées et de leur courage, d'autant plus qu'ils voyageaient dans de simples embarcations comme des pirogues sans l'aide de voiles.
Ce qui les a attirés au-delà de l'horizon vers cette petite île lointaine reste un mystère. Peut-être était-ce l'esprit d'exploration, la pression d'autres groupes en Sicile, ou l'observation d'oiseaux migrateurs qui suggérait l'existence de terres au-delà de la mer visible. Quelle que fût leur motivation, leur arrivée marqua le moment où Malte entra véritablement dans l'histoire humaine. La preuve la plus significative de leur présence a été mise au jour dans la grotte de Latnija, dans la région nord de Mellieħa. Des fouilles menées par une équipe de l'Institut Max Planck et de l'Université de Malte ont révélé un site qui a bouleversé des décennies de consensus. Ici, les archéologues ont trouvé les signatures claires d'une communauté sédentaire : des outils en pierre, les vestiges de foyers où des feux brûlaient autrefois, et des couches de cendres.
L'analyse des vestiges de la grotte de Latnija dresse un tableau vivant de la vie de ces premiers Maltais. C'étaient des chasseurs habiles et des fourrageurs ingénieux, s'adaptant avec expertise à leur nouvel environnement. Leur régime alimentaire était remarquablement diversifié. Ils chassaient le cerf rouge local, une espèce aujourd'hui éteinte, ainsi que des renards et des tortues. Mais ils se sont également tournés vers la mer, qui leur fournissait une richesse et une abondance fiables. Le sol de la grotte était jonché des restes de leurs repas : poissons cuits, phoques, oursins, crabes et des milliers d'escargots de mer comestibles. Ce régime varié, combinant ressources terrestres et marines, était typique des communautés côtières mésolithiques et démontre une compréhension sophistiquée de l'écosystème de l'île. Leurs outils, fabriqués en pierre, étaient adaptés à ce mode de vie, conçus pour la chasse, le dépeçage et le traitement des matériaux qu'ils collectaient. Pendant plus d'un millénaire, cette culture de chasseurs-cueilleurs a perduré, vivant en harmonie avec une île plus boisée et sauvage qu'elle ne l'est aujourd'hui.
Puis, vers 5400 av. J.-C., un nouveau groupe de personnes est arrivé, apportant avec lui une révolution qui allait transformer durablement les îles. Il s'agissait d'agriculteurs néolithiques, et comme leurs prédécesseurs, ils venaient presque certainement de Sicile. Leur arrivée ne fut pas une intégration subtile, mais un remplacement de la population préexistante. Que cette transition ait été pacifique ou violente est perdu dans le temps, mais le mode de vie des chasseurs-cueilleurs a disparu, supplanté par une nouvelle culture sédentaire basée sur l'agriculture. Ces nouveaux venus ont apporté avec eux les éléments fondamentaux de la révolution néolithique : des animaux domestiques — chèvres, moutons, bovins et porcs — et les graines de cultures comme le blé et l'orge.
Ces premiers agriculteurs se sont installés sur les îles, établissant initialement leurs habitations dans les grottes naturelles qui parsèment le paysage calcaire de Malte, comme dans les couches supérieures de Għar Dalam. Ils ont également construit des campements de petites huttes dans des zones ouvertes, le village de Skorba offrant l'exemple le plus étudié de l'une de ces premières communautés. Leur principal défi était la création de terres arables. Cela ne pouvait être réalisé qu'au détriment du couvert forestier naturel qui recouvrait les îles. Utilisant des techniques de brûlis, ils ont commencé à défricher les forêts de conifères indigènes pour faire place à leurs champs. Cet acte de déforestation, une nécessité pour leur survie, a mis en marche un long processus de changement environnemental qui aurait de profondes conséquences.
La culture de ces premiers agriculteurs est connue sous le nom de phase Għar Dalam, du nom de la grotte où leur poterie distinctive a été identifiée pour la première fois. Cette poterie présente de fortes similitudes avec celle de la culture de Stentinello en Sicile, confirmant les origines géographiques de ces colons. Les motifs étaient souvent décorés de motifs imprimés, parfois à l'aide de coquillages pour créer les marques. Au fil des siècles, leurs styles de poterie ont évolué, suggérant un contact continu et des échanges culturels avec des communautés en Sicile et au-delà. La vie de ces communautés était un cycle constant de semis, d'élevage et de récolte, complété par la pêche et la chasse occasionnelle. Ils possédaient une technologie simple mais efficace, utilisant des outils en pierre polie comme des haches pour défricher les terres et des faucilles pour récolter les cultures.
Pendant un temps, ce nouveau mode de vie fut un succès. La population augmenta et les communautés agricoles se répandirent à Malte et à Gozo. Cependant, leurs méthodes agricoles, combinées aux limitations environnementales inhérentes aux îles, n'étaient pas durables. La mince couche de terre arable, une fois privée de sa couverture forestière protectrice, était vulnérable. Les pratiques agricoles intensives des colons néolithiques ont progressivement dégradé le sol, tandis que le pâturage de leur bétail empêchait la régénération des bois. Au fil des siècles, la fertilité de la terre commença à décliner.
Le coup de grâce porté à cette première société agricole semble être venu d'une force échappant à leur contrôle : le climat. L'analyse scientifique d'anciens pollens et de carottes de sol, entreprise dans le cadre du projet FRAGSUS, a révélé une période de changement climatique dramatique. Une sécheresse prolongée et sévère s'installa, et les îles déjà dégradées devinrent trop arides pour supporter l'agriculture. Confrontée à des récoltes défaillantes, à des sources d'eau en diminution et à un paysage épuisé, la société s'effondra. Les preuves suggèrent que les îles furent complètement abandonnées.
Pendant environ un millénaire, Malte semble avoir été inhabitée. Cette rupture significative dans l'occupation humaine, un millénaire silencieux dans les archives archéologiques, marque la fin du premier chapitre de l'histoire humaine de Malte. L'expérience insulaire avait échoué. Les forêts avaient disparu, le sol était épuisé, et les premiers agriculteurs s'étaient évanouis, ne laissant derrière eux que leurs tessons de poterie et leurs outils en pierre comme preuves de leur existence. Les îles, dénudées et arides, furent laissées à leur rétablissement, attendant l'arrivée d'une seconde vague de colons qui apporteraient avec eux une nouvelle et extraordinaire vision, celle qui donnerait naissance aux grands temples de pierre.
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